Châtelet – Les Halles

La place du Châtelet et la station de métro du même nom sont situées à cheval sur les 1er et 4ème arrondissements. Elles sont célèbres pour être un point de rendez-vous utile aux gens qui ne savent pas où se donner rendez-vous.

La place du Châtelet se trouve toute proche du quartier des halles. Décor du Ventre de Paris d’Émile Zola dont la plume prodigieuse émeut moins volontiers la ménagère que les gribouillis de Marc Levy, les halles étaient un emblème de la vie commerçante parisienne où l’on parlait louchébem en vendant des faux-filets. Ce charmant marché a malheureusement cédé la place à un sanctuaire de la consommation superflue dans lequel des dindes banlieusardes parlent un dialecte suburbain qui est une véritable insulte à l’argot en achetant des strings soldés.

D’aucuns affirment que c’était mieux avant.

Parisien

Le Parisien est un être humain de sexe masculin généralement propulsé par une Vespa.

Le Parisien est peu sensible aux merveilles de son environnement. Ainsi, il ne daigne pas lever les yeux lorsque la butte Montmartre s’élève en arrière-plan, pas plus qu’un habitant de Saint-Arnoult ne s’ébahit devant la barrière de péage de sa ville natale.

Volontiers dragueur, le Parisien possède le terrain de chasse rêvé. En effet, peu de villes lui offrent le luxe d’éblouir une autochtone par le simple fait de citer Rimbaud et Dali dans la même phrase, ce qui explique son relatif insuccès en province.

Le Parisien renâcle par ailleurs à l’idée de franchir le boulevard périphérique, sauf pour participer à la migration bi-annuelle de son espèce vers Deauville et Courchevel.

La Parisien présente la caractéristique étonnante de bondir en arrière en se cachant le visage lorsqu’un passant égaré commet l’affront de lui demander son chemin.

Quais de Seine

Les quais de Seine sont des quais qui, sous prétexte qu’ils longent la Seine, se nomment « quais de Seine ». Certains d’entre eux sont cependant affublés de noms risibles comme « Quai François Mitterrand. »

On trouve sans doute des quais de Seine à Troyes ou au Havre, il faudra que je vérifie, mais ce site n’a pas vocation à expliquer Troyes ou le Havre aux imbéciles. Les quais de Seine parisiens, donc, sont si charmants que j’aime y déambuler lorsque la lumière de la Lune fait étinceler le fleuve de mille reflets évocateurs de la splendeur de la ville de l’amour. Mai revenu, les soirées vin rouge – saucisson sont légion sur les quais de Seine. Ces soirées, où une panne de tire-bouchon est souvent un prétexte astucieux pour draguer sa voisine de beuverie, voient la saison des amours pousser les jeunes gens enivrés par la piquette Franprix à se reproduire, le cœur gonflé d’émotion par le boucan des buskers et la majesté de Notre-Dame.

Les quais de Seine de la rive gauche sont reliés à ceux de la rive droite par des ouvrages appelés « ponts ».

Montparnasse

La gare Montparnasse (nommée après le fameux Mont Parnasse qui culmine à 2460 mètres au dessus des Grecs) est une gare qui, si l’attrait pour la géographie de ce fardeau qu’est la Grèce n’avait pas été si fort au XVIIIème siècle, aurait très bien pu s’appeler « la gare de l’Ouest ». Pour preuve, certains de ses trains se rendent en Bretagne, d’autres encore conduisent des imprudents jusque dans le Pays Basque.

La gare Montparnasse est située dans le quartier du Montparnasse. Quartier sur lequel je n’ai nulle envie de m’étendre puisqu’à part m’y émouvoir d’une jolie vue sur la Tour Eiffel, je ne vois pas bien ce que j’irais y faire.

La gare Montparnasse est voisine de la tour du même nom qui est à l’architecture ce qu’Adolf Hitler est à la peinture, mais peut-on empêcher les mauvais architectes de bâtir des édifices sordides alors que les mauvais écrivains tels que moi jouissent d’une liberté de commettre des insanités sous-littéraires quasi-infinie tant qu’elle ne s’applique pas à chatouiller les censeurs infâmes du politiquement correct ambiant et à railler l’inconséquence culturelle qui embrume les neurones déliquescents d’un peuple moutonnier par ailleurs englué dans une pensée préconçue qui le condamne inéluctablement à devenir un ramassis d’abjects consommateurs et de vils êtres humains ?

La gare Montparnasse, comme bon nombre de gares, donne l’occasion au voyageur excédé de conspuer les augmentations des tarifs déjà rondelets de la SNCF.

Elysée

Le palais de l’Élysée est un charmant hôtel particulier du 8ème arrondissement. Ce palais abrite les farces quinquennales de bienfaiteurs du peuple de droite, plus occasionnellement de gauche et prochainement d’extrême droite, nommés présidents de la République.

Quoique moins cruciale que l’étape du Mont Ventoux, l’élection du président de la République parvient généralement à déchaîner les passions des masses populaires, bien heureuses de voir des sarcoptes pygmoïdes et des harengères beuglardes tenter de les soudoyer dans une quête frénétique d’omnipotence.

Les salons de l’Élysée sont ornés de dorures et autres bibelots d’un luxe peu commun dans les HLM de la porte d’Aubervilliers. Les pelouses de l’Élysée peuvent accueillir des réceptions fastueuses garnies de parvenus gouvernementaux, dont certains rentrent dormir à l’Hôtel Marigny tout proche. Les pelouses de l’hôtel Marigny peuvent quant à elles accueillir la tente igloo d’un pourvoyeur de génocides féru de camping, ce qui ne manque pas de surprendre l’humaniste lambda.

Square des Batignolles

Le square des Batignolles est un parc du XVIIème arrondissement. Le bon goût qui me caractérise me fait affirmer qu’il est très joli.

Il n’est pas rare d’y voir des pigeons, des canards et même des cygnes que le retraité paisible aime à gaver de pain rassis. À l’heure où j’écris ces lignes, le soleil de Novembre qui éclaire la cime des arbres offre un feu d’artifice de couleurs automnales qui confère à l’ensemble une magie romantique susceptible d’émouvoir jusqu’aux frustes joggeurs qui ne font par ailleurs rien qu’à saboter ce spectacle pittoresque par leur acharnement à tourner en rond en poussant des râles grotesques, le visage inondé de sueur  et orné d’écouteurs desquels me parviennent les bribes d’une musique lamentable qui insulte la mémoire de la divine Barbara dont une rue du square porte le nom.  Ces quelques lignes sont l’occasion de souligner la vive joie que j’éprouve à être avare de ponctuation, ce qui m’a récemment valu les reproches d’une amie virgulophile qui affirmait que je ne prenais pas en considération l’éventuel plaisir que mes lecteurs pouvaient éprouver à me lire. Dans un ultime outrage, cette pauvre femme a appuyé son élan d’incontinence neuronale par les mots suivants : « N’importe quel étudiant en lettres te le dira. » J’affirme que les étudiants en lettres n’ont, au sujet de la littérature, pas plus de légitimité à mes yeux qu’un candidat au CAP éboueur. À ma décharge, j’ajoute par surcroît que la lecture de ces quelques mots est proposée au peuple à titre gracieux.

Outre les infatigables trotteurs que je raillais poliment avant de digresser, virgule, le square des Batignolles est le théâtre d’un défilé incessant de jeunes couples venus aérer leurs enfants bruyants, si bien que je ne m’entends plus écouter passer le Paris-Cherbourg de 10 heures 10.

Pigalle

Pigalle est un quartier de Paris célèbre pour avoir jadis accueilli des tas de truands, d’artistes et de prostituées.

Aujourd’hui très touristique, Pigalle entretient son image licencieuse par l’éparpillement ça et là de sex-shops et de peep-shows poisseux dans lesquels, je le précise à l’attention des touristes libidineux, les escroqueries vont bon-train.

Il n’échappe cependant pas à l’observateur aguerri que le spectacle le plus grivois auquel on assiste désormais à Pigalle soit celui offert par les promeneuses étrangères. Les beaux jours revenus,  elles grimpent immanquablement sur la bouche d’aération du métro située en face du Moulin Rouge afin d’immortaliser les gesticulations grotesques de leurs amies insignifiantes devant ce haut lieu de la frivolité montmartroise. Alors, au passage d’un train, un courant d’air fait voler haut la jupe de la vacancière honteuse, causant l’amusement des unes et l’érection des autres.

Seine

La Seine est un fleuve très utile à la circulation des bateaux-mouches qui prend sa source dans le plateau de Langres, ce qui n’a aucune espèce d’importance.

La Seine étonne surtout par sa capacité à couper Paris en deux. Sans elle, il n’existerait pas de rive droite et encore moins de rive gauche. Aucun artiste ne pourrait alors se prévaloir de l’étiquette « Rive Gauche », un comble.

Au début du vingtième siècle, le poète Guillaume Apollinaire, dont le sens de l’observation n’est plus à démontrer, avait déjà remarqué que sous le Pont Mirabeau coulait la Seine. Aujourd’hui encore, il est aisé de constater la justesse de cette observation en se rendant au Pont Mirabeau.

Lorsque l’idée d’un suicide étreint le dépressif intello-romantique, la Seine apparaît comme un cadre adéquat pour attenter à sa propre existence. On laisse en effet le suicide par collision métro-crânienne aux petits farceurs qui prennent un malin plaisir à fausser les statistiques de ponctualité de la ligne 13.

Pastelaria Belem

La Pastelaria Belem est un salon de thé portugais de la rue Boursault, dans le 17ème arrondissement.

La Pastelaria Belem est notable pour être l’exception qui confirme la règle selon laquelle je ne fais pas l’article à un établissement privé à moins d’être payé pour.

Ce salon de thé est tenu par deux personnes exquises qui servent des pasteis de nata dont je m’étonne encore qu’elles soient meilleures qu’à Lisbonne, ce que le Lisboète moyen comme mon ami Pedro conteste vigoureusement.

La Pastelaria Belem, d’un raffinement sobre et d’une typicité remarquable, offre un cadre enchanteur où il fait bon petit-déjeuner.

La fermeture hebdomadaire du lundi froisse le gourmand.

Champs-Elysées

Les Champs-Elysées sont une rue très fréquentée à chaque fois que l’équipe de France gagne la coupe du monde de football.

Les Champs-Elysées constituent, toute subjectivité mise à part, la plus belle avenue du monde. Cet honneur, considérant le nombre incalculable d’avenues que l’on rencontre aux quatre coins du globe, laisse présager de leur beauté même au plus idiot d’entre vous.

Sous le nom très m’as-tu-vu de « Champs-Elysées », on trouve en réalité une route bordée de deux trottoirs où concordent une obélisque et un arc assez triomphal, avec entre les deux des tas de commerces dont certains ont la particularité de vendre un café abject au tarif pourtant coquet de 6 euros, ce qui n’a pas fini de me laisser pantois.

Le soir venu, les Champs-Elysées brillent de mille feux et de mille gyrophares puisque de nombreuses bagarres y éclatent sous le prétexte parfois fallacieux que c’est lui qu’a commencé.

L’avarice de mes lecteurs, desquels je n’ai toujours pas reçu le moindre don, m’empêchera peut-être de m’offrir un huit pièces sur les Champs-Elysées.

Place du Colonel Fabien

La place du Colonel Fabien, nommée après le résistant communiste, est connue pour accueillir le siège du parti du même nom dont la pérennité défie l’entendement.

Cette place fourmille occasionnellement de léniniens convaincus et de nostalgiques de Georges Marchais, si bien que beaucoup de gens normaux renâclent à l’idée d’y folâtrer.

On trouve à la place du Colonel Fabien un bistro si original qu’il s’appelle le Longchamp. À l’instar du balto ou du café des sports, on s’étonne au Longchamp que nos hommes politiques soient tous des pourris, on s’y agace qu’il n’y ait plus de saisons, et l’on s’y demande ce qu’on pourrait bien faire si l’on y gagnait au loto.

Située aux confins des 10ème et 19ème arrondissements, la place du Colonel Fabien bénéficie néanmoins d’un climat océanique dégradé et d’une proximité avec le canal Saint-Martin et les Buttes-Chaumont qui lui confèrent un indiscutable attrait.

Goutte d’Or

La Goutte d’Or est un quartier du 18ème arrondissement où les aristocrates de l’avenue Victor Hugo flânent assez peu.

Sous le nom charmant de « Goutte d’Or » (qui provient vraisemblablement de la couleur du vin que donnaient les vignes du quartier, dont on peut penser qu’un Chablisien ne le servirait même pas aux cochons) se cache un quartier populaire pour lequel je me suis pris d’affection à la lecture de l’Assommoir. Ses pavés gelés, où gisaient jadis les ivrognes trop accablés par le poids d’une existence misérable, sont aujourd’hui un cadre confortable à des prières de rue dont les riverains hérétiques ne manquent pas de s’étonner du caractère peu laïc.

Certaines rues du quartier de la Goutte d’Or offrent des vues admirables sur la basilique du Sacré-Cœur, tandis que l’avenue Victor Hugo offre des vues détestables sur des boutiques où bourgeoisent des noblaillons séniles.

Porte de Clignancourt

La Porte de Clignancourt est une porte du périphérique parisien et accessoirement une porte de l’ancienne enceinte de Thiers dont j’imagine qu’elle a depuis longtemps heurté les tréfonds abyssaux de l’oubli général.

Peu de portes, de la porte de Brandebourg en passant par la troisième porte au fond du couloir, peuvent se vanter comme la porte de Clignancourt d’avoir servi de décor à la démonstration selon laquelle même le voyou public numéro un ne sait se gausser de la réception de dix-huit balles dans le corps.

Accueillir des scènes d’assassinats n’est cependant pas le seul attrait de la Porte de Clignancourt puisqu’elle offre la possibilité incongrue de quitter Paris pour se risquer à aller à Saint-Ouen, où se tiennent les fameuses puces de Clignancourt. Le marché aux puces permet au chaland d’acheter des absurdités contrefaites afin de contribuer à la bonne santé financière des réseaux mafieux.

La nuit venue, la porte de Clignancourt abonde de femmes dont la vertu ne pèse pas lourd selon la propagande féministe  surannée qui déconseille aux demoiselles de monnayer leur impérieuse volupté.

Pigeons

Les pigeons sont des oiseaux desquels on pourrait penser qu’ils sont une espèce endémique de la ville de Paris, alors que non.

Plus encore que les bourgeoises parvenues, les pigeons sont indissociables de l’image que l’Alsacien moyen peut se faire d’une rue de Paris.

Le pigeon parisien est en tous points similaire au pigeon voyageur, à ce détail près qu’il est sédentaire. Par ailleurs, il picore inlassablement les miettes d’abominations gastronomiques affublées du nom inélégant de « kébab », si bien qu’il a développé un embonpoint peu esthétique et que ses yeux sont devenus rouges.
De fait peu recommandable dans la préparation d’un pigeon aux girolles, le pigeon parisien cultive l’arrogance qu’ont les animaux qu’on n’assassine même pas.

Place des Vosges

La place des Vosges est une place dont je suis certain qu’on s’enorgueillit du côté d’Épinal alors qu’il n’y a pas de quoi.

Il existe une sœur jumelle de la place des Vosges baptisée place Ducale, qui présente l’incongruité inouïe de se situer à Charleville-Mézières, à bonne distance des Vosges. Quant à la place qui nous intéresse, elle fait partie du quartier du Marais dans lequel je ne vous raconte pas.

On trouve à la place des Vosges le domicile d’un homme politique qui devait transformer notre morne patrie en une joyeuse république de la partouse, la menant d’une main baladeuse, brisant les barrières entre les classes sociales : un homme dont l’aptitude à barboter aux côtés d’une milliardaire le soir et à gigoter dans une femme de chambre le matin a curieusement déçu l’opinion. Malheureusement, nous vivons dans une démocratie et sans l’aide d’un dictateur prévenant, le peuple ne sait jamais ce qui est vraiment bon pour lui.

La place des Vosges offre une élégance qu’on peine à retrouver dans la place du marché d’Ozoir-la-Ferrière.

Tour Eiffel

La tour Eiffel est une tour de fer puddlé (ça ne s’invente pas) qui permet aux Japonais de se photographier à plus de 300 mètres d’altitude.

D’abord vu d’un mauvais œil par les bourgeois du quartier, ce charmant édifice a su conquérir les cœurs du voisinage en faisant doubler la valeur des appartements dont il était visible depuis la fenêtre sans trop se pencher.

Haut lieu touristique, la tour Eiffel rassemble environ 7 millions de visiteurs par an. À titre de comparaison, le musée du fer à repasser de Longwy ne reçoit qu’une poignée de curieux.

Tout comme à Las Vegas, on trouve à Prague un ersatz de Tour Eiffel, à la différence près que celui-ci s’appelle tour de Petrín. C’est absurde.

La nuit tombée, la tour Eiffel scintille dans les yeux des amants ébahis par la splendeur poétique qui étreint leurs âmes pécheresses. Ils se désirent et oublient un instant l’idée insoutenable que le gasoil a encore augmenté.

Rue de Budapest

La rue de Budapest est une rue du 9ème arrondissement proche de la gare Saint-Lazare  et des fleurs du mal, par hasard.

Il m’a en effet été donné de voir sous les porches de la rue de Budapest (capitale de la Hongrie dont la rare splendeur lui vaut le surnom de Perle du Danube) des marchandes d’amour archaïques dont je m’étonne qu’elles résistent à la concurrence enivrante venue de Bucarest (capitale de la Roumanie qui fournit les perles des boulevards extérieurs).

On trouve un café portugais dans la rue de Budapest, alors que l’on ne trouve aucun café hongrois dans la rue de Lisbonne. Au reste, la rue de Budapest me rappelle au souvenir d’une Hongroise dont l’exquise saveur des baisers suggérait la grâce déchirante des violons tziganes, tandis que la rue de Lisbonne me rappelle au souvenir de José que je croise parfois au bistro.

Père Lachaise

Le cimetière du Père Lachaise est le plus grand cimetière Parisien, curieusement situé dans le vingtième arrondissement.

Ce cimetière est connu pour abriter les tombes de centaines de personnalités, comme Augustin Gabriel d’Aboville grâce à qui l’on peut à coup sûr briller dans les dîners mondains à la simple évocation de ses glorieux faits d’armes pendant les guerres Napoléoniennes. Autour d’un feu de camp, on évoquera plus volontiers le souvenir de Jim Morrison afin d’illuminer le regard intoxiqué d’une hippie lubrique.

Le Père Lachaise compte également en ses allées de nombreux inconnus dont les tombes sont l’objet d’un désintérêt courtois de la part des visiteurs venus profaner les mémoires de leurs idoles dans des courbettes dérisoires.

Le cimetière du Père Lachaise jouxte une station de métro appelée Père Lachaise, ce qui met en lumière l’ingéniosité de la nomenclature des transports parisiens.

Musée d’Orsay

Le musée d’Orsay est une ancienne gare transformée en un somptueux abri à chefs d’oeuvres. Il renferme des réalisations d’artistes si connus que même certains footballeurs ont pu en entendre parler.

Alors que ma belle-soeur possède une collection de pin’s, le musée d’Orsay possède la plus grande collection d’art impressionniste au monde.

Une pétasse de mes relations, dont les études d’art qu’elle suit à l’école du Louvre lui confèrent un sentiment de supériorité irréfutable sur le pouacre populacier ordinaire, m’a récemment fait savoir que les toiles impressionnistes n’étaient bonnes qu’à décorer les calendriers de nos grands-mères. J’en pouffe et vomis une fois encore mon exécration pour les sous-intellectuels embourgeoisés titulaires du bon-goût putatif qu’on enseigne dans les bordels universitaires.

Parisienne

La Parisienne est un être humain de sexe féminin relativement impénétrable.

Généralement jolie, la Parisienne n’hésite pas à montrer une indifférence à peine polie à l’égard du promeneur lambda que la fougue amoureuse conduit parfois à des excès de rusticité tels que : « T’as pas un 06 ? », qui ne sont au fond que l’expression maladroite de tendres sentiments cent fois repoussés.

Souvent, la Parisienne aime son travail. Ainsi, contrairement à ce que laisse penser son air somme toute aigri, elle se rend gaiement au bureau où elle a tout le loisir de gesticuler inutilement au bout d’un ordinateur : elle travaille dans la communication, domaine pour lequel je peine à masquer une pointe de mépris.

Le qualificatif « impénétrable » évoqué plus haut ne l’a pas été arbitrairement mais bien après que l’auteur (moi), dont la réputation de séducteur n’est plus à faire auprès de ses amies (peut-être vous), a vu plusieurs de ses invitations à s’adonner au coït déclinées sèchement.

Dieu merci, le désœuvrement dans lequel sont plongées les jeunes générations pousse généralement la Parisienne à se désinhiber le week-end venu en usant de solutions éthyliques qui révulsent l’amateur de bon vin. On la découvre alors sous un jour nouveau. N’hésitant plus à vomir dans un caniveau la culotte au vent, elle implore le mâle primesautier de bien vouloir l’honorer.

Sa dignité retrouvée, la Parisienne chasse l’aimable baiseur de son appartement cossu et part bruncher dans les quartiers bobos.

Boulevard périphérique

Le boulevard périphérique Parisien est un boulevard dont le tracé suit les limites de la ville de Paris. C’est en cela qu’il ne doit pas être confondu avec le boulevard périphérique de Dijon qui, bien qu’obéissant à un principe similaire, se situe dans une ville qui ne présente que peu d’intérêt.

Plus qu’un moyen rapide de rallier la Porte de Saint-Cloud à la Porte de Bagnolet, le boulevard périphérique représente une fracture sociale entre les Parisiens et les pauvres, sauf à l’Ouest où les banlieusards présentent la drôle de caractéristique d’être riches. C’est à se demander ce qu’ils font en banlieue.

Le périphérique de Paris est limité à 80 km/h, tout comme aucune autre route. Il faut sans doute y voir une fantaisie de la mairie visant à rendre ce boulevard encore plus singulier.

Le boulevard périphérique Parisien est le point de départ d’un grand nombre d’autoroutes françaises, de quoi rendre jaloux les Dijonnais qui ne peuvent pas en dire autant.

Métro

Le métro est un réseau sous-terrain de voies ferrées parcourues par des trains couramment appelés « métros ». Le métro est très commode. Il permet à l’heureux voyageur de se rendre dans n’importe quel endroit de Paris (même dans les quartiers populaires !) en s’agrippant à une barre visqueuse dans une promiscuité que je ne tolère habituellement que dans les partouses.  S’il est chanceux, avec l’arrivée des beaux jours et des débardeurs, l’utilisateur du métro laissera échapper un rire fugace lorsqu’un poil d’aisselle voisin viendra lui chatouiller la narine. Encore épargné par les actes terroristes, le métro est néanmoins régulièrement le théâtre d’attentats olfactifs.

Montmartre

Montmartre est sans doute le quartier parisien le plus charmant. Il offre au flâneur cultivé l’occasion de s’esbaudir devant la maison de Van Gogh rue Lepic, ou d’évoquer Brel avec émotion au Tire-Bouchon où le grand Jacques aimait à boire une bière.

Quant à la butte Montmartre, elle propose en sa qualité de butte des vues imprenables (et non-assujetties à un quelconque impôt) sur Paris toute entière. La butte Montmartre compte un funiculaire et plusieurs escaliers dont certains affirment qu’ils sont durs aux miséreux.

Montmartre comporte une jolie place appelée Place du Tertre, souvent envahie d’étrangers venus y acheter de tout aussi jolies croûtes représentant le quartier, très heureux alors d’aller s’empiffrer dans les pièges à touristes environnants.

Le Sacré-Coeur est une très jolie basilique blanche qui surplombe la butte Montmartre. On trouvera toujours quelques Parisiens prêts à se ridiculiser publiquement en qualifiant cette basilique de « moche ». Confronté à un imbécile trouvant la basilique du Sacré-Coeur moche, je ne saurais contenir un ricanement pétri de dédain.

Rue Mouffetard

La rue Mouffetard est une rue du Vème arrondissement datant du Ier siècle.

Les murs chargés de vingt siècles d’histoire de la rue Mouffetard ne suscitent pas un enthousiasme inouï auprès des milliers d’étudiants qui chaque soir s’émeuvent plus volontiers du prix moyen d’une pinte de bière fixé à trois euros que de l’architecture gothique de l’église Saint-Médard.

Je ne peux pas nier que j’ai moi-même titubé plus souvent qu’à mon tour le long des six cent cinquante mètres sur sept qui composent la rue Mouffetard, affriolé par les courbes enjôleuses des Vénus estudiantines promptes à s’enticher du poète nimbé d’ivresse sur le déclin d’une tiède journée d’été.  À trois euros la pinte, j’aurais d’ailleurs eu tort de me priver.

Centre Pompidou

Le centre Pompidou, parfois appelé « Notre-Dame de la Tuyauterie », est un centre culturel très désagréable à l’oeil situé près du quartier des Halles. Certains bobos n’hésitent pas à trouver le Centre Pompidou joli.

Le centre Pompidou renferme des créations d’artistes contemporains. L’étiquette « art contemporain » est un fourre-tout très commode qui offre au barbouilleur médiocre toute licence de jouir d’une renommée injustifiée.

Le Centre Pompidou a ceci de surprenant qu’il saccage le paysage jusque depuis Montmartre, d’où même la vigueur de ma myopie ne sait adoucir ses traits disgracieux.